Projet : ACACIA

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Aide à la modélisation et construction de mémoire d'entreprise

Mots clés : mémoire d'entreprise, science cognitive, acquisition de connaissances, explication, assistance à l'utilisateur, psychologie cognitive, communication, coopération .

Résumé :

L'objectif de cette action est : a) d'analyser les pratiques de mémoire d'entreprise, de les modéliser, et de tester la pertinence de modèles existants pour rendre compte de ces pratiques, b) de définir les exigences de futurs outils informatiques d'aide à la mémoire d'entreprise et d'évaluer des outils existants ou en cours de conception.

Méthodologie de construction de mémoire d'entreprise



Participants : Rose Dieng, Alain Giboin, Myriam Ribière, Olivier Corby.

Mots clés : capitalisation de connaissances, mémoire d'entreprise, serveur de connaissances .

Nous avons poursuivi notre approfondissement de la notion de mémoire d'entreprise afin de mieux définir les modèles ou outils développés dans l'équipe pour aider à la construction de mémoire d'entreprise. Nous réfléchissons à un guide méthodologique basé sur les étapes suivantes [[19],[31]] : détection des besoins en mémoire d'entreprise, construction de la mémoire d'entreprise, diffusion, utilisation, évaluation et évolution de la mémoire d'entreprise. La gestion des connaissances dans une entreprise peut reposer sur la construction d'une mémoire collective d'entreprise, dans laquelle seraient explicitées diverses connaissances de membres de l'entreprise à diffuser au sein de l'entreprise : savoir-faire technique individuel ou collectif, secrets de métier, connaissances sur l'historique et les contextes des décisions... Suivant les objectifs poursuivis pour la construction de la mémoire d'entreprise et suivant la nature des connaissances à capitaliser, on peut distinguer mémoire organisationnelle, mémoire technique, mémoire métier, mémoire individuelle, mémoire de projet. Suivant la nature des sources d'expertise disponibles et les objectifs de la mémoire d'entreprise au niveau des utilisateurs, la mémoire peut prendre la forme d'un système documentaire, d'une base de connaissances, d'une base de cas, d'un serveur de connaissances via le Web, etc. Nous nous appuyons en particulier sur plusieurs exemples :

Analyse et modélisation des pratiques de mémoire d'entreprise



Participant : Alain Giboin.

Mots clés : mémoire d'entreprise, science cognitive, psychologie cognitive, communication, coopération .

Processus de communication et mémoire d'entreprise

La mémoire d'entreprise est une mémoire collective : elle suppose une communication, synchrone et surtout asynchrone, entre des agents humains cherchant à coopérer. Analyser et modéliser la mémoire d'entreprise revient donc en partie à analyser et modéliser les processus de communication que les agents mettent en oeuvre pour coopérer dans des situations de mémorisation et de remémoration.

Nous avons repris cette année et approfondi notre évaluation du modèle de la «remémoration conversationnelle collective» (Conversational Joint Remembering) d'Edwards et Middleton [EM86,ME90] en confrontant le modèle avec les pratiques des équipes d'accidentologues du Département «Mécanismes d'accidents» de l'INRETS. Le modèle ne permet pas de rendre compte de toutes les pratiques des accidentologues, en particulier des pratiques de communication asynchrone. Plusieurs directions ont été proposées pour compléter le modèle [[23]].

La forme privilégiée que prend la communication asynchrone est la forme «graphique», au sens large (de la représentation figurative reproduisant l'objet de la communication, à l'écriture imprimée - sur papier ou à l'écran). Un exemple caractéristique est constitué par les notations utilisées pour représenter et mémoriser la logique de conception (voir ci-dessous). Deux questions importantes pour la mémoire d'entreprise sont les suivantes : comment des agents peuvent-ils coopérer dans le temps en communiquant par des moyens «graphiques» ? quels processus d'«écriture» et de «lecture» sont mis en oeuvre pour se comprendre mutuellement ? Pour rendre compte de cette coopération, nous travaillons à compléter notre modèle de la correspondance (voir rapports d'activité 1996 et 1997), en combinant des éléments issus de la théorie psycholinguistique de Clark [Cla96], et des éléments issus de théories sur la communication graphique [Goo79,Wal85] [[24],[17]].

Évaluation de systèmes pour la mémoire d'entreprise



Participant : Alain Giboin.

Mots clés : mémoire d'entreprise, science cognitive, psychologie cognitive, communication, coopération .

Différentes notations (IBIS, QOC...) et outils (gIBIS, Janus...) ont été proposées pour représenter et mémoriser la logique, ou argumentation, sous-jacente au processus de conception (design rationale). De manière récurrente, l' «utilisabilité» de ces notations et outils est mise en question. L'une des raisons avancées pour expliquer cette faible utilisabilité est que notations et outils sont «isolés [divorced] des contextes de travail», de sorte qu'ils ne peuvent ni saisir les connaissances telles qu'elles sont utilisées dans ces contextes, ni orienter la récupération des connaissances en fonction de ces contextes [FOS97]. Pour mieux comprendre la faible utilisabilité des notations et des outils, et permettre ainsi de l'améliorer, nous avons entrepris d'étudier de manière systématique les «divorces des contextes de travail», ou divorces contextuels, en partant d'un modèle approprié du contexte. Une première analyse a été effectuée sur un corpus de comptes rendus d'évaluations de l'utilisabilité de notations et d'outils existants [[22]].

Évaluation cognitive de l'apprenant dans les systèmes complexes et dynamiques



Participant : Kalina Yacef.

Mots clés : modèle utilisateur, modèle de l'apprenant, assistance à l'utilisateur, système tutoriel intelligent, modèle d'apprentissage, acquisition de connaissances, acquisition de compétences, psychologie cognitive .

Mots-Clés : Modèle utilisateur/apprenant, système tutoriel intelligent, modèle d'apprentissage, acquisition de connaissances/compétences, psychologie cognitive.

Ces travaux se situent dans le cadre de la thèse de Kalina Yacef, et portent sur la modélisation de l'apprenant pour l'aide à la conception d'exercices adaptés à ses besoins, et plus généralement l'aide à l'instruction. Le type de formation considéré ici est celui des compétences opérationnelles, qui prend place après les phases d'acquisition de connaissances (déclaratives et procédurales), et au cours duquel l'apprenant s'exerce sur des situations très variées de problèmes et sous des charges de travail et de stress de plus en plus soutenues.

L'objectif est de présenter une approche pour la modélisation de l'apprenant pour individualiser les exercices de simulation qui (1) s'adresse à l'acquisition des compétences opérationelles, (2) permette une évaluation du processus d'apprentissage afin d'aider la spécification des objectifs pédagogiques, et (3) soit réaliste du point de vue des contraintes du domaine (complexe, dynamique). Le domaine étudié est celui du contrôle du trafic aérien.

Notre approche est d'utiliser un modèle d'apprentissage, au lieu d'un modèle expert, pour construire l'évaluation de l'apprenant et structurer la formation (cependant, un modèle expert réduit est tout de même utilisé pour mesurer la performance de l'apprenant). Nous considérons que le modèle de l'apprenant n'est pas un sous-ensemble de celui de l'expert, mais est de structure différente. Notre approche est pragmatique et incrémentale. L'idée est de : (1) recueillir les données observables (i.e. mesures de performances) dans l'exécution d'un exercice par l'apprenant et de voir quelles peuvent être les déductions pédagogiques de ces données ; (2) utiliser les données précédentes et un modèle théorique de développement des compétences afin de déduire le niveau d'apprentissage de l'apprenant ; (3) proposer des méthodes pour spécifier les objectifs pédagogiques à partir des données de performances et des niveaux de compétences, en se basant sur un modèle du curriculum ; (4) valider chaque étape auprès des utilisateurs finaux, faire une validation finale des travaux, et ouvrir sur les futures voies de recherche.

Cette année fut consacrée en grande partie à l'étude et à l'intégration de la psychologie cognitive à ces travaux. Cette thèse est en phase d'évaluation et de rédaction.

Processus de catégorisation et mémoire d'entreprise



Participants : Christine Ros, Alain Giboin.

Lorsqu'ils analysent un accident de la route, les enquêteurs de l'Inrets doivent en particulier classer cet accident en fonction de certaines catégories prédéfinies par leurs collègues chercheurs. Cette catégorisation aide les enquêteurs à expliquer l'accident ; elle aide aussi les chercheurs à sélectionner les dossiers d'accidents pour les analyses thématiques approfondies qu'ils conduiront dans le but d'améliorer les transports routiers et leur sécurité. Afin de contribuer à la conception d'un système d'aide à l'analyse d'accidents adapté aux enquêteurs (voir contrat Drast), il nous a paru nécessaire de rendre compte des pratiques réelles de catégorisation de ces enquêteurs et de répondre à des questions telles que : quelles catégories «institutionnelles» utilisent-ils ? comment les utilisent-ils ? etc. Pour ce faire, nous avons conduit des entretiens et une expérience avec trois des enquêteurs de l'Inrets : deux enquêteurs expérimentés et un enquêteur peu expérimenté. Lors des entretiens, on demandait aux enquêteurs de décrire leur tâche en général. Lors de l'expérience, on demandait à ces mêmes enquêteurs de classer des synthèses d'accidents puis de commenter leurs classifications. L'analyse des comptes rendus d'entretiens et d'expérience nous a permis de mettre en évidence que les enquêteurs catégorisent les synthèses en fonction, essentiellement, d'un type particulier de catégories «institutionnelles» - les scénarios types de production de l'erreur humaine [EANB97] - et que leur performance dépend du degré d'intégration de ces scénarios dans leurs connaissances. Des recommandations ergonomiques pour le système d'aide ont été tirées de cette étude [[37]]. Bien que menée sous l'angle individuel (comment les enquêteurs catégorisent chacun de leur côté), cette étude a révélé certains aspects collectifs de la catégorisation (comment les catégories sont transmises, discutées, négociées....) qui seront approfondis dans une étude ultérieure.

Aide à la capitalisation des connaissances à partir de traces informatiques



Participants : Joanna Golebiowska, Rose Dieng.

Mots clés : capitalisation de connaissances, mémoire d'entreprise, mémoire de projet, extraction des connaissances à partir de textes, analyse linguistique .

Ces travaux se sont déroulés dans le cadre de la thèse de Joanna Golebiowska, en collaboration avec Renault.

Après une phase d'étude de l'état de l'art et des réalités Renault, le projet SAMOVAR est en phase de réalisation d'une maquette pour l'étude des problèmes de validations des véhicules prototypes.

Suite au recensement des sources d'information disponibles et accessibles, dont la description a fait l'objet d'un rapport détaillé [[33]], nous avons continué nos travaux sur la modélisation du domaine des validations. Les modèles conçus s'inspirent de la méthodologie CommonKads, et ont été premièrement décrits en CML, dans l'environnement Cokace, développé au sein de l'équipe. Nous avons poursuivi ensuite par l'implémentation informatique de ces modèles en vue d'une première maquette. Le développement, en Java, correspond à l'heure actuelle à notre tâche principale. Par ailleurs, suite à des possibilités de collaboration avec l'équipe responsable du nouveau système de gestion de problèmes, dans le cadre de sa refonte intégrale, nous avons élargi la vision du domaine, réservé jusqu'alors à un seul projet véhicule. Nous envisageons ainsi d'insérer notre système comme module d'aide dans l'environnement dédié à la résolution des problèmes, en fournissant des fonctionnalités de filtrage et de recherche d'informations inter-projet, susceptibles d'augmenter le retour d'informations au cours du cycle de validation des véhicules.



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