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Inria / Raweb 2002
Project: ACACIA

Project : acacia

Section: Scientific Foundations


Construction

Plusieurs techniques peuvent être adoptées pour la construction d'une mémoire d'entreprise. Elle peut être non informatisée (e.g. un livre, un film) ou être matérialisée sous forme logicielle. Une base de données, un entrepôt de données, une base documentaire, une base de connaissances, une base de cas, un forum de discussion, un collecticiel sont des exemples de matérialisation possibles de la mémoire. Le choix d'une solution technique dépend du type d'entreprise, de ses besoins, de la culture d'entreprise, de l'environnement habituel de travail des acteurs concernés par la mémoire et doit tenir compte des aspects humains, des aspects organisationnels et des aspects technologiques.

Les recherches actuelles se focalisent d'une part sur des méthodologies permettant de guider tout le cycle de vie et d'autre part sur l'approfondissement de problèmes techniques.

Mémoire documentaire

Les travaux sur la mémoire documentaire portent sur les systèmes de consultation de documents techniques ou exploitent des techniques d'« ingénierie documentaire » et des approches « hypertextes ».

L'avènement du standard XML, un format d'échange standard de documents et de données structurés hétérogènes sur le Web, suscite des travaux de plus en plus nombreux. Dans , on peut trouver de nombreux arguments sur l'intérêt de XML pour la mémoire d'entreprise.

Mémoire à base de connaissances

L'ingénierie des connaissances est utile pour construire une mémoire d'entreprise basée sur le recueil et la modélisation explicite des connaissances de certains experts ou spécialistes de l'entreprise. Elle peut aussi servir pour une représentation formelle des connaissances sous-jacentes à un document. Cependant, contrairement aux systèmes experts, au lieu de viser une résolution automatique pour une tâche (avec des capacités automatiques de raisonnement), une mémoire d'entreprise doit plutôt aider l'utilisateur, en lui fournissant des informations appropriées de l'entreprise mais en lui laissant la responsabilité d'une interprétation et d'une évaluation contextuelles de ces informations. Selon le cas, la mémoire d'entreprise pourra intégrer ou non des connaissances formelles. Si l'on explicite les connaissances d'un expert, on peut les écrire soit dans un document textuel ou multimedia, soit dans une base de connaissances formelle (i.e. représentée dans un formalisme de représentation des connaissances tel que les formalismes objets, les réseaux sémantiques, les graphes conceptuels, etc.). Au lieu d'une base de connaissances formelle, on peut aussi construire un livre de connaissances : celui-ci consiste en un document hypermedia contenant les descriptions textuelles et graphiques des modèles de connaissances obtenus après modélisation des connaissances de certains experts de l'entreprise . La construction d'un livre de connaissances peut reposer sur des méthodes d'ingénierie des connaissances telles que CommonKADS , KOD , MKSM . Le livre de connaissances peut être organisé sous forme d'un hyperdocument, avec des liens vers d'autres sources d'informations de l'entreprise : autres documents de l'entreprise, références bibliographiques, bases de données, bibliothèques de logiciels... Les techniques de gestion d'une mémoire documentaire peuvent alors s'appliquer au livre de connaissances, une fois celui-ci mis sous forme de documents.

Les méthodes d'ingénierie des connaissances telles que CommonKADS, KOD et Componential Framework qui ont été développées au départ pour la construction de systèmes à base de connaissances peuvent être adaptées pour construire une mémoire à base de connaissances.

On peut utiliser :

La construction d'une mémoire d'entreprise distribuée impliquant souvent plusieurs experts, les travaux sur l'acquisition et la modélisation des connaissances à partir de multiples experts jouent un rôle important. Dans le cas de multiples experts, il faut choisir entre soit la construction d'une base de connaissances consensuelle et cohérente soit la cohabitation de plusieurs points de vue éventuellement contradictoires .

Les ontologies peuvent jouer un rôle important pour la gestion des connaissances de l'entreprise. Une ontologie est définie comme une « spécification explicite d'une conceptualisation » ou comme un « accord sur une conceptualisation partagée par une communauté ». Elle fournit un cadre unificateur pour réduire et éliminer les confusions conceptuelles et terminologiques et assurer une compréhension partagée par la communauté visée. Elle peut donc permettre la communication entre les membres de l'entreprise, même s'ils travaillent dans des contextes différents, avec des besoins différents et des points de vue différents. L'ontologie peut aussi permettre l'interopérabilité entre différents paradigmes, méthodes, langages ou outils .

Mémoire à base de cas

Si l'on décrit les expériences antérieures (succès ou échecs) de l'entreprise dans une base de cas, le raisonnement à partir de cas permettra ensuite de trouver, pour un problème présent, une solution construite en réutilisant une solution mémorisée d'un problème similaire au problème actuel. Cela explique le rapprochement entre les communautés « Gestion des connaissances » et « Raisonnement à partir de cas » .

Mémoire de projet

Un cas particulier est la construction et la réutilisation d'une mémoire de projet : comment apprendre des projets passés ? Comment réutiliser des expériences antérieures ? D'un projet, on peut apprendre des informations sur l'exécution de projet (coûts, qualité), sur les résultats de projet (solutions techniques telles que des logiciels, des logiciels réutilisables ou des composants réutilisables, le produit conçu réutilisable), sur le processus de conception, sur la gestion de projet et la planification . D'un projet, on peut aussi tirer des leçons sur des outils, des techniques, des méthodes, ou des erreurs... Les recherches actuelles portent sur (a) des modèles de mémoire de projet ou (b) des extensions/ adaptations de méthodes, en général issues des travaux sur la logique de conception (« design rationale ») et sur le CSCW (e.g. IBIS, QOC...) .

Collecticiels

La communauté « Collecticiels » (en anglais, Computer-Supported Cooperative Work ou Groupware) envisage la conception des systèmes de gestion de mémoire d'entreprise ou de mémoire organisationnelle en termes d'interaction entre individus via l'ordinateur. Il y a quelques années, on considérait les systèmes de mémoire comme une catégorie particulière de collecticiels. , par exemple, distinguait la classe « Mémoire collective et distillation des connaissances » des classes « Communication médiatisée par ordinateur », « Accès à l'information », « Espaces de travail collaboratif » et « Assistance à la collaboration ». Aujourd'hui les systèmes de mémoire semblent plutôt former une catégorie transversale. Les travaux menés par exemple par Buckhingham Shum et ses collaborateurs sont une illustration de cette évolution (voir le site http://kmi.open.ac.uk/people/sbs/). L'une des raisons de cette évolution des systèmes est l'évolution elle-même du concept de mémoire organisationnelle. Le concept s'est complexifié, mais il est devenu plus proche de la réalité des entreprises . L'évolution du concept de mémoire et l'évolution des systèmes résultent pour une large part de la participation de spécialistes de sciences humaines et sociales dans les équipes de conception.

Le Web sémantique

Dans le cadre d'une mémoire d'entreprise matérialisée dans des documents, il est intéressant d'associer à de tels documents une connaissance formelle sur laquelle pourra être effectué un raisonnement afin de rechercher les documents adéquats ou les parties adéquates du document. Cette connaissance formelle peut soit représenter une partie du document soit consister en des méta-informations sémantiques sur le document, avec parfois des informations supplémentaires non explicites dans le document lui-même. Une ontologie peut guider la recherche documentaire des documents accessibles par le Web et annotés sémantiquement selon cette ontologie . Une telle approche vise à améliorer les moteurs classiques de recherche de Web par des capacités basées sur la recherche d'informations sémantiques et à se fonder sur les méta-informations sémantiques ou sur les annotations sémantiques sur les ressources constituant la mémoire d'entreprise. Cette approche est similaire à celle du Web sémantique, qui vise à rendre le contenu sémantique du Web interprétable par la machine. La communauté « ingénierie des connaissances » joue un rôle important dans ces travaux actuels sur le Web sémantique, étudie des moteurs d'inférence pour RDF (Resource Description Framework), et propose des langages au-dessus de RDF pour échanger des ontologies (e.g. OIL ). Les techniques d'extraction à partir de textes (ou fouille de textes) visent à automatiser partiellement la construction des ontologies ou des méta-informations sémantiques, grâce à l'analyse automatique de documents textuels basée sur des techniques statistiques ou sur des techniques linguistiques . L'approche Acacia pour la mémoire d'entreprise consiste à matérialiser celle-ci dans un « Web sémantique d'entreprise » ou « IntraWeb » .

Mémoire d'entreprise distribuée

Le Web peut aussi être exploité pour la création coopérative de la mémoire d'entreprise par plusieurs membres de l'entreprise et pour sa révision (coopérative). Selon le choix organisationnel, la création et l'évolution de la mémoire pourront être distribuées ou centralisées. Un système multi-agents peut être utile pour la gestion d'une mémoire distribuée . Une mémoire d'entreprise distribuée peut aider à la collaboration et au partage de connaissances entre plusieurs groupes de personnes dans une organisation ou dans plusieurs organismes collaborant, de tels groupes étant éventuellement dispersés géographiquement. Cette distribution est particulièrement utile pour construire dynamiquement et préserver la mémoire d'un projet en cours. Un cas particulier de mémoire de projet est la mémoire d'un projet de conception. L'exploitation du raisonnement par cas, les outils d'aide à la décision pour l'évaluation de conception, les collecticiels aidant au raisonnement de conception sont des exemples des approches utiles dans ce but. Ces techniques peuvent être exploitées pour garder une mémoire des projets de développement de logiciel et des projets de conception de systèmes complexes.


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