ACTION MEDIACULTURE

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6.1. AQUARELLE

Les principaux résultats du projet Aquarelle sont décrits dans les sections suivantes.

6.1.1. Profile applicatif Z39.50 normalisé

La norme ANSI / ISO Z39.50 permet de spécifier la structure d'une base de données abstraite , et définit sur celle-ci un ensemble de fonctions pour rechercher et récupérer des données, consulter des index, etc. Du coté du serveur, cette structure de base abstraite est mise en correspondance avec les éléments du schéma réel exploité par le SGBD concerné. La base de données réelle va donc être vue par une application cliente à travers le " prisme" de la structure abstraite. Au niveau du client, cette même structure abstraite est mise en correspondance avec les interacteurs d'une interface utilisateur.

La structure de la base de données abstraite est spécifiée dans un "Profil applicatif Z39.50". Tous les clients utilisateurs exploitant un profil donné pourront donc voir toutes les bases de données, quelque soit leur technologie et leur structure réelle, capables d'offrir une vue externe conforme à ce profil. La norme Z39.50 elle-même définit les primitives du protocole de communication entre ces clients et ces serveurs.

Les profils sont eux-mêmes des standards publics, référencés et publiés par la "Z39.50 Maintenance Agency", hébergée par la bibliothèque du Congrès. Certains profils sont également enregistrés comme normes ISO.

En 1997-1998, plusieurs profils étaient enregistrés, et notamment :

  • le profile Aquarelle, utilisé dans le projet ;

  • le profile CIMI défini par le Consortium for Computer-Interchange of Museum Information.

    Depuis le 8 octobre 1998, les deux consortia ont réussi à converger vers un profil unique [16], le CIMI ayant été en mesure d'intégrer dans son profil toutes les additions et modifications demandées par Aquarelle. Le CIMI étant une entité pérenne, contrairement au projet Aquarelle et à l'action Médiaculture, le protocole d'accord signé avec ce consortium prévoit que ce dernier assumera la responsabilité de faire vivre et évoluer la norme, et veillera à son enregistrement à l'ISO à travers le comité technique 46.

    Le profil CIMI - Aquarelle est parfaitement adapté à l'interrogation des bases de données sur le patrimoine culturel : catalogues des collections de musées, inventaire du patrimoine architectural et mobilier. Il permet également d'accéder aux bases de données de bibliothèques, le profile Z39.50 spécialisé "Bib-1" conçu à cet effet étant intégré comme un sous-profil dans celui du CIMI.

    6.1.2. Serveur d'accès

    Le serveur d'accès Aquarelle est un logiciel donnant accès aux utilisateurs à l'ensemble des services du système : enregistrement, connexion, sélection des serveurs cibles que l'on souhaite interroger, préparation d'une requête et diffusion de celle-ci vers tous les serveurs cibles, visualisation des résultats. Techniquement, il assure la traduction des requêtes au format Z39.50, la gestion des sessions utilisateurs (Z39.50 étant un protocole avec maintien d'état), la gestion des liens, la gestion des profils utilisateurs, et tout le dialogue homme-machine et l'affichage des résultats, basés sur des pages HTML dynamiques, des scripts ECMAScript, et des applets Java.

    L'implémentation réalisée dans le cadre du projet est un prototype d'évaluation et de démonstration. Il inclut un logiciel "propriétaire", en l'occurrence le SGBD Index+ de notre partenaire System Simulation Ltd (SSL). La présence de ce logiciel commercial est un handicap pour la diffusion du serveur d'accès Aquarelle par d'autres intégrateurs. De plus, le prototype actuel est conçu pour être exécuté sur une machine Sun, sous système Solaris, ce qui limite aussi son exploitation.

    SSL prévoit de réaliser en 1999 une version "open source" (logiciel libre dont le source est publi-quement disponible) du serveur d'accès Aquarelle, compilable et exécutable sous Linux. Cette version sera diffusée sous le nom (peut-être provisoire) de Z-Mediator.

    6.1.3. Passerelles et serveurs Z39.50

    Dans le cadre du projet, trois passerelles ont été réalisées permettant d'accéder à des SGBD à travers le protocole Z39.50 :

    Bien entendu, ces trois passerelles peuvent être configurées selon le profile applicatif CIMI - Aquarelle, ou selon tout autre profil Z39.50 de niveau 3. Notons toutefois qu'aucune de ces technologies ne supporte la fonction EXPLAIN prévue par le niveau 3 de cette norme.

    6.1.4. Système de gestion et d'édition de thésaurus

    Le système de gestion et d'édition de thésaurus mono ou multilingues réalisé par ICS-FORTH dans le cadre du projet est maintenant commercialisé par la société EUROCLID. Il s'agit d'un système puissant d'édition et de gestion de versions de grandes ressources linguistiques telles que thésaurus conformes aux normes ISO 2788 et 5964, liste d'autorités multilingues, nomenclatures multilingues. EUROCLID, dans le cadre d'un contrat VAR avec FORTH, apporte les adaptations demandées par les clients, les outils d'import - export vers les SGBD exploités par les clients, une documentation utilisateur de qualité professionnelle, la formation des utilisateurs, et la maintenance du logiciel.

    6.1.5. Serveur et butineur de thesaurus et d'autorités

    Un système client-serveur permettant à un utilisateur d'accéder à des thésaurus et à des dictionnaires pour retrouver le terme canonique correspondant à un mot de la langue naturelle est démontré dans le système Aquarelle. Ce système intègre un algorithme général de "normalisation de termes" susceptibles d'intéresser de nombreux intégrateurs de systèmes de bases de données. Notre partenaire ILSP (Institute for Language and Speech Processing, institut privé de recherche sous contrat) commercialise maintenant cette technologie, dans le cadre de contrats d'OEM.

    6.1.6. Protocole pour le marquage d'images

    Dans le cadre d'Aquarelle, le projet CODES de l'INRIA a conçu et démontré un protocole de gestion de clefs de marquage d'images, dénommé DHWM. L'originalité de ce protocole tient au fait que le marquage peut être réalisé par le propriétaire de l'image, et la vérification de la marque par un tiers de confiance distant, alors même que le propriétaire et le tiers de confiance n'auront jamais à transmettre l'image par le réseau. Seules deux demi-clefs sont échangées, qui peuvent sans risque transiter sur un réseau non sécurisé (i.e. Internet). Ce protocole, et l'architecture qui le met en œuvre sont indépendantes de l'algorithme de tatouage ou de filigrane particulier utilisé pour marquer l'image. Les spécifications de DHWM sont publiquement disponibles et ont été largement présentées dans diverses conférences du domaine [5][17][18].


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    Rapport d'activité 1998